Bellérophon

 

Bellérophon

Bellérophon est l’un des dieux primordiaux du panthéon grec. Son histoire a été racontée durant des millénaires par des aèdes au cours de longues veillées.

Introduction:

Nous parlons aujourd’hui du monde gréco-romain comme une succession de civilisations claire et nette. En fait, c’est faux et vrai à la fois. La civilisation grecque ancienne remonte à plus de dix mille ans avant notre ère, pour terminer en gros avec Alexandre le Grand, deux cent ans avant notre ère. Cette civilisation, qu’il serait peut être préférable d’appeler la civilisation de la méditerranée, regroupait des tas de peuples. Elle s’étendait des colonnes d’Hercule à l’Ouest, et finissait sur les côtes d’Anatolie à l’Est. Elle comprenait les pays actuels: Espagne, Maroc, Italie, Algérie, Tunisie, les Balkans, la Libye, la côte nord Ouest d’Israël, le Liban, la côte Ouest de la Turquie, et toutes les îles de la Méditerranée. Ce fut tout au long de ces millénaires une succession d’invasions, de conquêtes, de destructions et de reconstructions de cités états. Bien que la culture et le culte aux dieux restaient à peu près le même.

La civilisation romaine, quand à elle, remonte à une date incertaine. En fait, les premiers romains étaient des grecs se reconnaissant en les descendants d’Énée, célèbre grec. Rome fut bâtie par Remus et Romulus selon la légende. Ils auraient été élevés par une louve. À cette époque, les maisons à relations galantes, où on y trouvait à manger à boire et à coucher, avaient pour emblème une louve. Rome au début, était humble. C’était une ville qui ne se démarquait pas des autres villes de même importance. On peut estimer qu’elle commence à devenir importante vers six, à sept cent ans avant notre ère. Elle suit le même essor que les grandes villes grecques comme Athènes, Sparte. Il faut noter que la civilisation de la Méditerranée a vu son apogée vers quatre mille ans avant notre ère, avant de s’effondrer, pour resurgir Trois mille ans après. La Grèce ancienne comprenait toute la Méditerranée, alors que Romme n’était qu’une ville, et une province, avant de devenir rapidement, jusqu’à quatre cent ans de notre ère, le maître du monde occidental, hormis bien entendu les U.S.A. l’Écosse, l’Irlande et les pays du Nord de l‘Europe. Les guerres puniques marquèrent, avec sa victoire finale, l’essor triomphant de Rome.

Toutes les légendes gréco-romaines sont liées les unes aux autres, elles sont parfois les mêmes, mais avec d’autres noms de personnes ou de lieux. Il faut s’imaginer ces légendes chantées par des aèdes, qui voulaient plaire à la cour, et honorer ses hôtes.

Il n’est pas non plus utile de chercher là où il n’y a rien à chercher une autre explication à que ce que le texte dit. Il ne faut pas oublier non plus que ces textes ont été racontés de générations en générations, que la langue évolue d’elle-même en permanence, que les coutumes varies, et que d’une contrée à une autre la langue change. Il n’est pas non plus indispensable de rechercher l’étymologie de certains noms propres, quand on ne connaît pas véritablement l’origine géographique de ce nom.

Légende

De

Bellérophon

Bellérophon ou Belléronphontès était né à Corinthe. Il était le fils de Glaukos ou Glaucos, un valeureux soldat Lycien, qui se bâtit lors de la guerre de Troie vers trois mille ans avant notre ère. La Lycie se trouve en Anatolie, juste à côté de la Lydie, pays de Crésus et de Midas qui firent fortune grâce à l’or du fleuve Pactole, de Phocée d‘où partit une colonie qui créa la ville de Marseille, de Phrygie connue pour son culte à Cybèle, Attis, Dionysos, Mithra, et dont nous conservons comme symbole aujourd’hui le bonnet traditionnel de l‘époque: le bonnet phrygien.

Proétos, était roi de Tirynthe, une cité Mycénienne du Péloponnèse. On dit que le légendaire Persée y fut roi, et que Héraclès y servit Eurysthée, roi de l‘Argolide pays qui comprenait Tirynthe et Mycènes.

Bellérophon était réputé irréprochable, vaillant combattant, et d’une extrême beauté que donne la jeunesse. La divine Sthénébée, femme de Proétos, et fille de Iobatès, roi de Lycie, tomba amoureuse de cet éphèbe. Mais celui-ci était fort timide avec les femmes, et de surcroît, il ne voulait point prendre la femme de son roi. Alors Sthénébée se vexa de ce refus. Elle imagina un subterfuge afin de se venger. Elle alla se plaindre auprès de son mari Proétos. Elle lui dit que Bellérophon avait tenté d’abuser d’elle. Proétos crut sa femme, elle avait l‘air si retournée, mais il se trouvait fort embêté. Il ne voulait point tuer de ses mains ce valeureux combattant, fils de Glaucos, et respecté de tous dans son pays. Alors il décida de l’envoyer chez son beau-père Iobatès pour qu’il le tue à sa place. Proétos remis à Bellérophon des tablettes scellées destinées au roi Iobatès. Sur ces tablettes étaient notées les crimes de Bellérophon, et demandait que Iobatès venge l’honneur de sa fille en tuant le porteur de ce message. Bellérophon qui ne se doute de rien part sur les ordres de son roi. Après un long voyage il parvient à Xanthe, cité état du roi Iobatès, sur le fleuve qui porte le même nom: Xanthe ou Xanthos. Iobatès reçois avec honneur Bellérophon qu’il connaît bien. Pendant neuf jours, toute la cour de Xanthe festoie en l’honneur de Bellérophon. Chaque jour est sacrifié un bœuf. Au bout de ces interminables agapes, Iobatès consent à lire le message de son beau-fils. C’est preuve qu’il avait plus d’affinités, d’amitié et d’intérêt pour Bellérophon que pour le mari de sa fille. Quand il eut lu les tablettes, il se retrouva fort embêté et contrarié. Il ne pouvait laisser pareil affront impuni. Mais d’autre part, Bellérophon était un redoutable combattant dont-il fallait se méfier. Iobatès donna une mission à Bellérophon, lui seul était capable de la réussir, lui dit-il pour le vanter. Il s’agissait de tuer un effroyable monstre qui ravageait son pays: la Chimère. Ce monstre avait été créé par des mauvais esprits. Cet animal possédait une tête de lion, une queue de dragon, et entre les deux, un corps de chèvre. Il envoyait en plus des gerbes de flammes de sa monstrueuse gueule, cela brûlait et dévastait tout devant lui. Bellérophon acceptait avec honneur cette dangereuse mission. Mais il se demandait intérieurement comment il allait pouvoir vaincre pareille créature. Il décida d’aller demander conseil à Polyidos, célèbre devin grec d’Argos ou de Corinthe. (Polyidos à une vie identique à celle d’Asclépios, celui qui ressuscitait les morts, et dont l’emblème est le caducée, emblème de la médecine. Tous les deux ont les mêmes aventures, dont celle de voir un serpent en ressusciter un autre avec quelques plantes. Il se servira ensuite de ces plantes pour ressusciter des morts. Mais Hadès, dieu des morts, se plaint à Zeus du vol de ses morts. Celui-ci foudroie ce trop zélé médecin. Une autre version dit que c’est Athéna qui à remis à Asclépios du sang de la Méduse sensé redonner la vie aux morts. Dans les deux versions, Zeus foudroie ce médecin talentueux. C’est pour cette raison que l’on associe Athéna et Polyidos.) Celui-ci lui conseil de sacrifier un taureau blanc et d’aller voir Athéna dans son temple. Bellérophon accepte, il tue un taureau selon les règles, et part ensuite au temple d’Athéna à Athènes. Mais la nuit vint à bout de sa résistance, et Bellérophon s’endormit. Dans son sommeil, il fit un songe. La déesse Athéna se présentait à lui. Elle lui donnait une bride magique, et une fiole de potion magique afin d’attraper et de dompter Pégase, ce magnifique cheval blanc ailé. Bellérophon se réveillait en sueur. Quel étrange rêve! Pensait-il. Mais quelques bruits suspects autour de sa couche lui laissaient supposer que ce rêve n’était peut être pas aussi onirique qu‘il en avait l‘air. En effet! Une ombre disparaissait dans la nuit. Il eut le temps de voir l’égide noire de la déesse disparaître dans la nuit entre deux rayons de Lune. L’égide était un bouclier fabriqué avec la peau de la Méduse. Elle permettait entre autre à son propriétaire de disparaître derrière. Ce bouclier avait été offert à Athéna. Bellérophon regardait à présent autour de lui. À ses côtés se trouvait une bride en orichalque, ainsi qu’une fiole de produit apparemment magique. Il se souvient de l’endroit, que lui avait soufflé la déesse à l‘oreille, là où il pourrait attraper cette monture extraordinaire, près de la source Pirène, à Corinthe. La déesse lui a dit que cet animal fantastique était plus rapide que la Chimère, en plus, elle volait. Bellérophon partit au petit matin vers Pirène. Deux jours plus tard, il trouvait la fontaine. Il déposait sur le rebord de la fontaine un peu de potion magique et partit se cacher. Pégase arrivait comme chaque soir pour s’abreuver. Pégase se désaltéra à ne plus soif. Il ne fit pas attention à celui qui vint dans son dos, et qui lui attacha la bride. Bellérophon monta sur Pégase. Malgré toute sa fougue, Pégase se soumit à son nouveau maître après avoir lutter toute la nuit.

Bellérophon, à cheval sur son destroyer volant, trouva rapidement la chimère. Les flammes de la chimère n’atteignirent jamais ce cavalier si haut dans les airs, alors que les traits de ce talentueux archer trouèrent le dos de ce monstre de part en part. Bellérophon revint à Xanthe et remit la peau de la Chimère à Iobatès.

Le roi était époustouflé par cet exploit, et il aurait bien nommé général en chef de son armée ce vaillant guerrier. Mais, malheureusement, il se souvint de ce qu’il avait décidé de faire: venger l’honneur de sa fille et de son pays. Alors, Iobatès confia une seconde mission à ce cavalier hors pair: vaincre l‘armée des Amazones qui ravageait son pays. Bellérophon acceptait de bonne grâce, d’autant mieux, qu’avec sa nouvelle monture, il pouvait égaler cette horde furieuse de cavalières. Les Amazones étaient un peuple constitué uniquement de redoutables femmes cavalières, qui excellaient dans l’art de la guerre. Elles étaient également d’excellentes archères qui pour mieux tirer à l’arc s’étaient mutilées d’un sein. Bellérophon part à la recherche des Amazones qu’il trouve et extermine. Les textes de l’Iliade ne donne pas plus de précision. Alors que s’agissant de Thésée, d’Hercule, ou d’Ulysse, qui ont eu eux aussi affaire aux Amazones, les poètes ont développé l’histoire. Iobatès à l’annonce de la défaite des Amazones se réjouit, bien sûr, mais est encore plus désemparé. Pourquoi doit-il tuer ce héros national. Bien sûr, pour laver l’honneur de sa fille, et celui du pays, mais la tâche est ingrate et difficile. Alors Iobatès tendit un dernier piège à Bellérophon. Il lui dit de se rendre sans arme à un rendez-vous diplomatique. Il voulait que Bellérophon rencontre Proétos pour lui remettre un message dans un endroit isolé. Bellérophon accepte volontiers cette mission, qui comparée aux autres, est dés plus aisée et des plus agréable. Un somptueux banquet a dû être organisé pour l’occasion. Bellérophon a de très bonnes relations avec Proétos, et il n’imagine pas un seul instant que sa vie à ses côtés peut être en danger. Mais Iobatès organise en réalité un rendez-vous avec Acrisios, qui n’est rien de moins que le frère jumeau de Proétos, et aussi son pire ennemi. La légende dit que les deux frères jumeaux se battaient déjà dans leur berceau. Les deux frères se dispute depuis toujours leur pays scindé en deux; Tirynthe et Mycènes. Acrisios est roi d’Argos, et grand-père de Thésée. Les légendes se recoupent par endroit. Acrisios rêve de tuer Bellérophon, ce héros international, qui a juré fidélité à son frère maudit. Le stratagème est d’une simplicité diabolique. Bellérophon va se jeter la tête la première dans ce piège mortel, et il sera mort avant même d’avoir compris ce qui lui arrive. Mais, n’est pas demi dieu qui veut. Bellérophon, même sans être armé, et confronté à une armée de mercenaires aguerris, défait la ruse, et massacre en représailles tous ses ennemis. Les poètes ont la manière pour finir les histoires en beauté. Iobatès, au retour victorieux de Bellérophon, décide de lever sa condamnation à mort. Mieux, il lui offre une partie de son pays et la main de sa fille.

Entre nous, je ne vois pas bien ce que Iobatès aurait pu faire d’autre. C’était la moindre des choses, d’autant plus, que sans être un génie intellectuel, Bellérophon pouvait, à la longue, douter des bonnes intentions de son hôte. En plus, Bellérophon aurait pu, s’il l’avait voulu, tout prendre. Le trône, le château, le pays et tout ce qui va avec. Personne ne pouvait le battre. Iobatès offrait le service minimal afin de conserver une partie du pouvoir. J’imagine que Iobatès en voulait plus à son beau-fils Proétos qui l’avait mis dans cette panade.

Enfin, ce n’est que mon avis.

Bellérophon vit dans le luxe le restant de sa vie. Ayant vu sa jeunesse lui filer entre ses doigts, et qu’à présent, la force de l‘âge s‘éloignait irrémédiablement derrière lui, Bellérophon voulut rejoindre l‘Olympe. Mais, tout demi-dieu qu’il était, les portes de l’Olympe lui restaient fermées. Alors, Bellérophon, qui avait trop pris d’assurance depuis tout ce temps où il n’avait connu que des victoires, décida de rentrer dans l’Olympe de force. À cheval sur son fidèle destroyer, Bellérophon volait de plus en plus haut dans le ciel. Mais la vanité de l’homme connue alors là ses limites. Zeus, agacé par l’outrecuidance de ce simple mortel, lui envoya pour le combattre une mouche. Le taon piqua Pégase derrière la queue. Ce fougueux destroyer volant désarçonna son cavalier qui, surpris, tomba de haut. Une légende dit que Bellérophon en mourut, une autre prétend que Bellérophon tomba dans un dessert, et que jamais il n’en trouva la sortie. Cela ressemble assez au mythe d’Icare

Ce qu’il y a d’intéressant dans cette histoire, c’est que l’on y retrouve bons nombres de relations avec d’autres légendes grecques. Le Péloponnèse est l’un des berceaux de nombreuses histoires. Acrisios fut tué accidentellement par son petit fils Thésée dans une autre légende. Thésée tua la gorgone, et remis sa tête à Athéna. Thésée dans certains récits est roi de Tirynthe. Hercule fait également ses douze travaux dans cette région. Les argonautes sont originaires de cet endroit. La liste serait longue à énumérer. Le Péloponnèse partage aussi son passé avec l’Anatolie, de la guerre de Troie, à la Lycie, Lydie, Phrygie en passant par les amazones et la chimère qui me fait penser à un défilé chinois lors de grandes fêtes. Lorsque le dragon avec sa tête de lion, et ses milliers de pattes défile dans les rues.

La morale de cette histoire est multiple, et je vous laisse la méditer

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