Les Anciens Christianismes

Les Anciens Christianismes
Préambule:
Il est traditionnellement dit que la vie publique de Jésus s'est déroulée entre l'âge de 30 et 33 ans. Cet âge de trente ans est probablement conventionnel, il correspond à la majorité légale de l'époque pour les juifs. Dire que « Jésus avait environ trente ans » quand il commença sa vie publique signifie simplement qu'il était reconnu comme majeur, mais n'interdit pas qu'il ait pu commencer son enseignement à un âge en réalité plus avancé. De même, la durée de cette vie publique n'est pas connue avec certitude, la durée de trois ans généralement retenue n'étant qu'une estimation, fondée sur le nombre de fois où sont citées les principales fêtes juives qu'il observe pendant cette période. En tout cas, sa vie publique se déroule avant qu'il n'ait atteint l'autre âge canonique de cinquante ans, puisqu'il n'entre pas dans cette catégorie des « anciens ».
Les lieux cités dans les évangiles situent son action de part et d'autre de la mer de Galilée, principalement en Galilée (dont il est ressortissant) et dans la Décapole, avec quelques passages en Phénicie (Tyr et Sidon) et en Trachonitide (Césarée de Philippe). Il semble qu'il soit à cette époque considéré comme un habitant de Capharnaüm. Il se rend également en Judée, généralement pour aller à Jérusalem à l'occasion de fêtes juives ; mais on peut noter un séjour plus prolongé en Judée au début de sa vie publique, alors qu'il était considéré comme un disciple de Jean le Baptiste.
Les pays à population juive de l'époque étaient la Galilée et la Judée, séparées par la Samarie (ou Israël les combattant El ou Éloïm ou Élohim signifiant dieux au pluriel) dont les habitants étaient considérés comme non juifs. Jésus est perçu comme un étranger en Judée : l'accent des Galiléens les fait reconnaître, et il y suscite une franche hostilité de la part des Judéens (parfois désignés par le terme juifs alors que les Galiléens sont également des pratiquants de la Loi de Moïse).
La chronologie de cette période de vie publique est extrêmement confuse: les évangiles synoptiques présentent les épisodes parallèles dans des ordres parfois différents, ce qui interdit évidemment d'interpréter le déroulement de l'un ou l'autre des récits comme celui d'une logique purement temporelle. On considère néanmoins que c'est le baptême de Jésus par Jean le Baptiste qui marque l'ouverture de son activité publique.
Le christianisme désigne une religion à la fois fondée sur la vie et les enseignements de Jésus de Nazareth et qui se réclame monothéiste. Il regroupe entre 2,1 milliards et 2,243 milliards de croyants dans près de 33 000 confessions différentes. Les premières de ces confessions sont apparues au sein du judaïsme après la crucifixion de Jésus de Nazareth par les autorités romaines de la province de Judée au Ier siècle.
Le Christ fut le prophète des deux derniers millénaires, ou celui de l‘ère du Poisson. Sans parler de religion, sujet sensible, imaginez qu'il n'est point été crucifié. Pensez-vous que toutes ces religions liées à son nom aient un jour vue le jour. Sans le christ, je pense que la religion juive, sans pour autant disparaître, serait moins suivie, comme l'ai actuellement la religion des Samaritains, basée elle aussi sur la Thora, et pratiquement oubliée de nos jour. Car après la destruction du temple de Jérusalem en soixante-dix de notre ère, la religion juive faillit bien disparaître. De même, sans l'hégémonie des chrétiens au quatrième et cinquième siècle de notre ère, aussi bien des catholiques de l'ouest que les orthodoxes de l'est et toutes ces églises proches et moyen-orientales sur le reste de la méditerrané, l'islam n'aurait point prit tout cet essor. Avant l'islam de Mahomet, les religions locales faisaient déjà état des patriarches comme Abraham ou Ibrahim et ils se revendiquaient comme leurs descendants.
Les Anciens Christianismes
Il y eut, dans les premiers siècles après la mort de Jésus de Nazareth, de multiples conceptions et interprétations de son message. De nombreuses discussions ont notamment porté sur l'articulation entre les natures divines et humaines de l'Homme (en général) et de Jésus-Christ (en particulier), un sauveur qui sera considéré progressivement comme l'unique accès à Dieu. Si la conscience de cette réalité unique s'affirme relativement rapidement, la formulation ne va pas sans tâtonnements. Les différents rédacteurs du dogme d'une lente orthodoxie qui se construira au fil de différents conciles fondent leurs réflexions sur les textes de l'Ancien Testament et de certains évangiles, présentés dans une articulation cohérente, dont les différentes parties se complètent. Ce sera durant plusieurs siècles l'émergence et l'alternance d'opinions diverses qui se confronteront à travers les différents conciles convoqués par les empereurs romains en vue de formuler avec une précision de plus en plus « chirurgicale » la foi de l'Église.
Les réponses élaborées sont diverses durant les 2 premiers siècles. La difficulté de bien connaître ces réponses tient au fait qu'elles ne sont connues que par l'entremise de ceux qui condamnèrent ceux qui les professèrent, les hérésiologues du IIe siècle. Une entrée dans ce mode de pensées s'est trouvée ouverte à partir de 1947, date de la découverte des papiers de Nag Hammadi. (À voir également)
Le premier siècle : de la résurrection du Messie à l'incarnation de Dieu
Dans les premières décennies qui suivent la mort de Jésus de Nazareth vers 30, ses disciples vont se constituer en petites communautés autour de deux croyances : celle que Jésus était le messie attendu par les juifs, et celle qu'il était ressuscité et était apparu à un certain nombre de témoins. Ce « mouvement des disciples de Jésus », par ses croyances en la messianité et la résurrection de Jésus, constitue alors une secte particulière au sein du judaïsme dit du second Temple, beaucoup plus diversifié que ce qu'il deviendra après 70 sous l'impulsion du judaïsme pharisien, qui donnera le judaïsme rabbinique
Paul de Tarse:
Les plus anciens textes chrétiens sont les lettres de Saül de Tarse, dont sept sur les quatorze du Nouveau Testament sont aujourd'hui considérées comme authentiques et écrites entre 50 et 55 (dans l'ordre chronologique (Première épître aux Thessaloniciens, Première épître aux Corinthiens, Épître aux Galates, Épître aux Philippiens, Épître à Philémon, Seconde épître aux Corinthiens, Épître aux Romains) : Jésus y est présenté comme « Seigneur » investi de la puissance et du salut divins. Paul cependant ne discute pas de la nature divine ou humaine de Jésus. L'essentiel de la profession de foi de Paul (on parle aussi de kérygme) est exprimée dans la Première épître aux Corinthiens. Elle repose sur l'affirmation du salut par un rédempteur divin, le Messie envoyé par Dieu pour racheter les péchés des hommes.
Les évangiles synoptiques : messie, Fils de l'homme, Fils de Dieu
Dans les trois évangiles synoptiques, Jésus est désigné alternativement comme messie, Fils de l'homme ou Fils de Dieu. Il s'agit de dénominations juives qui seront réinterprétés par la tradition chrétienne. Le terme de messie, que le Jésus historique semble avoir rejeté désigne dans les prophéties d'Isaïe le serviteur souffrant annonçant le Royaume de Dieu. Le Fils de l'homme, dans le Livre de Daniel, était la personnification du peuple élu dans sa pureté initiale exempte de péchés. L'appellation « Fils de Dieu », qui sera le fondement de la doctrine de la Trinité chrétienne, était un titre des souverains héllénistiques, et pour les juifs celui du messie en tant que roi d'Israël.
La divinité de Jésus et la doctrine de l'Incarnation
L'idée de la divinité de Jésus apparaît clairement à la fin du Ie siècle, dans les textes que la tradition chrétienne attribuera à l'apôtre Jean (écrits dits johanniques : l'évangile de Jean qui fait de Jésus le « Verbe de Dieu », les trois Épîtres de Jean et l'apocalypse), ainsi que dans des lettres attribuées à Paul de Tarse, et qui sont aujourd'hui considérées comme des pseudépigraphies plus tardives : épître aux Colossiens et épître aux Éphésiens, qui affirment la préexistence de Jésus, « image du Dieu invisible », en faisant l'incarnation de Dieu.
Le second siècle
La croyance en la divinité de Jésus est diversement acceptée dans les communautés chrétiennes du second siècle. Certaines (ébionites et elkasaïtes) vont rester attachées à la transcendance du Dieu du judaïsme traditionnel, et à l'humanité de Jésus. D'autres au contraire comme les marcionites, gnostiques et montanistes vont exalter la divinité de Jésus, et rejeter le corps et la matière. Enfin, ce qui deviendra le christianisme majoritaire de la « Grande Église » va tenir une sorte de voie moyenne, qui débouchera sur le concept de Trinité chrétienne.
Ignace d'Antioche
Ignace d'Antioche (35-107) insiste sur la réalité de la vie terrestre de Jésus.
Justin de Naplouse
Justin de Naplouse (Justin Martyr 105-135) recourt au terme logos, emprunté à la philosophie grecque, qui signifie la raison divine qui pénètre et gouverne le monde.
Le gnosticisme
Les gnosticismes chrétiens considèrent qu'il s'agit d'une nature bonne (divine ou créée par Dieu) et d'une mauvaise (terrestre, et/ou créée par un démiurge), non miscibles et en conflit. La réalité de l'existence de Jésus parait secondaire par rapport à la signification qu'on lui prête. Il y existe une réflexion profonde sur la personnalité de celui qu'ils nomment le Sauveur qui reste fondamentalement étranger au monde. On retrouve ainsi ce thème : Le Sauveur descend sur terre pour le salut des hommes et à son tour, il assume, pour un temps leur destinée. Non dans le but de donner un sens au monde à la souffrance ici-bas, mais pour délivrer les parcelles lumineuses qui s'y sont dévoyées. Le christianisme majoritaire souligne de son côté que Dieu est l'unique créateur, et que tout ce qu'il a créé est d'une nature bonne; il n'y a pas de distinction à faire entre une nature divine et une nature charnelle. Parmi ces courants gnostiques, on trouve le docétisme au IIe et IIIe siècle qui considère que l'humanité de Jésus n'est qu'une apparence, ce qui implique notamment que la mort sur la croix était une illusion. Sa postérité se retrouvera, plus tard, dans la pensée de Eutychès (378-453) dont se réclameront plusieurs églises monophysites
Marcion
Le marcionisme, issu de la rupture de Marcion en 144 d'avec le presbyterium de Rome, verra des églises fleurir un peu partout en orient pendant tout le IIIe siècle, prônant une forte exigence morale, l'ascèse et le mépris du corps. Ce sera contre lui que s'élabora la réflexion théologique des Pères de l'Église, le nombre considérable de traités anti-marcionniques en témoigne. Pour Marcion, Jésus-Christ est la manifestation visible de Dieu avec un corps qui n'est pas fait de chair et de sang, un corps subtil, à travers lequel Dieu, pure transcendance, se manifeste à l'improviste sur le Jourdain. Marcion s'inscrit ainsi dans une radicalisation de la pensée paulinienne, en rupture totale avec le judaïsme, et ne dit mot de tout ce qui a trait à l'enfance de Jésus, de son baptême ou de ses racines juives.
Arius :
L'arianisme est issu des prêches d'Arius à partir de 312. Son point central est la nature de la relation entre Jésus et son Père du ciel et des positions respectives des concepts de « Dieu le père et de son fils Jésus ». L'arianisme, tentant de résoudre le problème entre éternel et contingent, défend la position que la divinité du Très-Haut est supérieure à celle de son fils fait homme. Les ariens adoptent le subordinatianisme, selon lequel Jésus-Christ est créé mais n'est pas de la même substance que Dieu, lequel est incréé et intemporel. Les ariens professent donc une absence de consubstantialité : Si le Fils témoigne de Dieu, il n'est pas Dieu, si le Fils a une position divine, elle est de moindre importance que celle de Dieu Lui-même. Le christianisme majoritaire soulignera en réponse, dans le Symbole de Nicée, que « Jésus-Christ [est] de même nature que le Père », c'est-à-dire qu'en la personne de Jésus, c'est bien un nouvel aspect de la réalité divine qui a été révélé : que « Dieu se fait homme pour que l'homme se fasse dieu ».
Origène
Origène (185-254) essaie de comprendre comment la nature humaine s'unit à la nature divine en Jésus. Pour lui, Jésus ne peut être vraiment homme sans âme humaine; la nature divine ne pouvait s'unir directement avec le corps.
Manichéisme :
Le manichéisme, considérant que d'une part Dieu et le Bien et d'autre part le Monde et le Mal sont radicalement séparés, ne peut admettre un Jésus qui soit à la fois Dieu et homme. Contre cette séparation, Irénée de Lyon (120-140) affirme que Dieu veut partager sa vie avec l'homme et que donc la nature de l'homme n'est pas opposée mais volontairement adaptée à celle de Dieu et que tout cela est récapitulé en Jésus, Dieu et homme.
Adoptianisme
Dieu adopte l'homme Jésus comme Fils, seulement lors de son baptême. Cette christologie s'appuie sur une version de Luc 3, 22, présente dans certains manuscrits, qui cite le psaume 2, 7 : « Tu es mon Fils, moi aujourd'hui, je t'ai engendré », au lieu de « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j'ai mis toute mon affection ».

Les quatre premiers conciles œcuméniques
Nestorianisme
Le nestorianisme, né au Ve siècle de la controverse entre le patriarche de Constantinople, Nestorius et celui d'Alexandrie, Cyrille, considère qu'il y a eu une superposition en Jésus de deux personnes distinctes, l'une divine et l'autre humaine. Le christianisme majoritaire souligne qu'il n'y a pas de distinction, que Jésus est à la fois « vrai homme et vrai Dieu », et donc que c'est bien dans le Jésus de Nazareth historique que le christianisme reconnaît le Fils de la Trinité. Le débat au Concile d'Éphèse a porté sur la désignation de Marie, qui n'a pas seulement donné naissance au Jésus historique, mais peut être qualifiée de « Mère de Dieu » ; au titre de cette maternité spirituelle elle est invoquée par les mystiques chrétiens qui veulent que le « Christ soit complètement formé en eux ». Le nestorianisme est représenté aujourd'hui au Moyen-Orient dans les Églises des deux conciles.
Monophysisme
Le monophysisme, apparu au Ve siècle dans les écoles théologiques de l'empire byzantin, considère que la nature divine du Christ éclipse de fait sa nature humaine. Contre la reconnaissance de la consubstantialité du Père et du Fils, et de la nature humaine du Christ, les monophysites affirment que le Fils n'a qu'une seule nature et qu'elle est divine, cette dernière ayant absorbé sa nature humaine. Les monophysites s'opposent en cela également au nestorianisme. Le christianisme majoritaire souligne que l'union de ces natures n'a pas supprimé leur différence, et donc que Jésus est véritablement et pleinement un homme. Le Monophysisme est encore professé aujourd'hui, dans sa variante miaphysite. Ce sont les Églises préchalcédoniennes (arménienne, syro-jacobite, copte, etc.).

On peut résumer, de façon schématique, l'évolution dans la formulation des courants dogmatiques dominants de la manière suivante :
Étant ce Sauveur qui déifie, le Christ est lui-même Dieu, consubstantiel à Dieu : c'est la définition du Concile de Nicée (325), contre Arius.
Il est homme total, consubstantiel à chacun de nous, c'est la définition du Concile de Constantinople (381), contre Apollinaire.
Homme et Dieu, il est pourtant être un, et non pas divisé, c'est la définition du Concile d'Éphèse (431), contre Nestorius.
Il reste « deux » tout de même, homme et Dieu, sans confusion ou absorption, c'est la définition du Concile de Chalcédoine (451), contre Eutychès.

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