Le mont saint Michel suite

Le peuple des Ossismes, originaire de la Méditerrané, en avait oublié ses racines. Il s’étendait sur tout le littoral armoricain. Il avait même tracé des voies pour traverser les terres, pour rejoindre des villes portuaires du Sud au Nord et à l‘Ouest, de Quimper à Saint Brieux et à Brest. En hiver, et par mauvais temps, la voie terrestre était la seule accessible et praticable. Pour aller du Nord au Sud finistérien, il faut passer par les monts d’Arrée. Je me demande ce qu’en a pensé le peuple du centre Bretagne de revoir ceux, qui jadis, les avaient chasé du littoral.

Allaient-ils encore leur spolier leurs terres et leurs biens.

L’histoire s’arrête là, car elle ne dira rien de plus. Ce qui pourrait laisser quelques indices, c’est-ce saint Trémeur dont certains aimeraient tant qu’il soit un saint du 6ème siècle, mais dont personne ne sait vraiment qui, où, et ce qu’il a fait pour mériter pareille distinction. Pourquoi garde t-il sa tête sous son bras, si ce n’est pour bien démontrer qu’il n’est pas mort dans son lit, et qu‘il est fier d‘être du clan des anguipède.

Gradlon sanctifié, trônant fièrement sur son cheval, en haut de la cathédral de Quimper, tel un cavalier à l’anguipède, père d’Ahès, et fondateur d’Ys, l‘Atlantide Bretonne. Ahès, princesse des monts d’Arrée. C’est bien loin de Quimper. Saint Michel de Braspart, haut lieu des monts d’Arrée. Saint Michel qui terrasse le dragon en lui coupant la tête. Le flanc Nord du mont Saint Michel recouvert de pierre blanche comme les ruines d’un temple. Le flanc Sud, se tenant discrètement en retrait. Il y aurait-il une sépulture cachée au creux de la montagne ? Mystère.

Les choses sont claires, elles ne sont même pas cachées, mieux, elles vous sont exposées, et pourtant, personne ne les voit.

L’Ankou est pour les Bretons le nocher des enfers, le Charon armoricain. C’est un psychopompe chargé de ramasser l’âme des morts. Chez les grecs, Charon était chargé de faire traverser les morts de l’autre côté du Styx, le fleuve des enfers, sur son bateau. Les enfers, pour les grecs, n’était pas l’antre du diable, mais l’endroit où reposait tous les morts. Chez les égyptiens, il y avait un nocher qui était chargé de faire traverser le fleuve ou le Nil aux défunts. C’est une métaphore, il n’est pas précisé de le préciser. Pour les bretons du centre Bretagne, le nocher s’est transformé en charretier. C’était en général le dernier mort de l’année qui était chargé pendant un an de récupérer les âmes des défunts. Ce n’est pas la faucheuse qui reprend la vie comme dans d’autres légendes. Non! L’Ankou ramasse ou récolte les âmes des morts qu’il trouve sur son passage. Quand il ne travaille pas, il séjourne dans les monts d’Arrée, dans la lande. Il y a des tas d’histoires qui circulent sur lui. Ce n’est pas un mauvais bougre, bien au contraire, puisque il est chargé de ramener les âmes dans l’au-delà, Pays des éternels réconforts. L’Ankou est un psychopompe en soi. Autrefois, les légendes disaient que c’était les oiseaux migrateurs qui emmenaient dans leur migration automnale les âmes des défunts dans le Pays des éternels délices, de l’autre côté de l’Océan. Cette croyance remonta à loin. Les égyptiens, les babyloniens avaient leurs sphinx. Un lion à tête humaine munie d’ailes qui protégeaient les défunts. Il y avait aussi dans bon nombre de croyances, les chérubins, les séraphins, zéphyrs, anges, elfes et autres. L’Ankou, comme ces oiseaux migrateurs, passe une année à récolter les âmes. La légende dit que quand on entend des roues d’une carriole brinquebalante et grinçante tapées sur le pavé, la mort va frapper. L’Ankou passe après la faucheuse, nettoyer. Il y a également Jan. Ce forgeron de son état, avait for mauvais caractère. Il pestait, jurait, et se moquait de la religion. De plus, il buvait plus que de raison. Le diable, un jour, intéressé par cette vilaine âme décida de l’acheter au forgeron. Celui-ci ne croyait pas à tout cela, et pour une petite bourse, acceptait le contrat. Le diable lui dit qu’il attendrait que le forgeron ait dépensé sa dernière pièce pour venir récupère son dû. Le forgeron ne croyait pas en toutes ces farandoles. Il ricanait. Mais ce que le diable ne savait pas, c’est que Jan était aussi avare. Sitôt argent empoché, qu’il décida d’aller le cacher sous un arbre. Malheureusement, Jan vint à mourir l’année suivante, d’un abus de mauvais vin. L’Ankou vint récupérer cette âme, bien que celle-ci soit en très mauvais état. À la fin de l’année, l’Ankou ramenait toutes ces âmes de l’autre côté de l’Océan. Mais au bureau de trier les âmes, afin d’envoyer les bonnes vers un repos bien mériter et de jeter les autres dans le seau du diable. Les jugent chargés de cette mission était bien embarrassés. Jan n’avait rien à faire dans le jardin des éternels délices, son âme était bien trop noire, mais les jugent ne pouvaient pas non plus la jeter dans le seau. Le diable avait des principes, tant que la bourse de Jan ne serait pas dépensée, il ne pouvait récupérer cette âme. Alors l’Ankou, pour la première fois, fit refaire à l’âme de Jan le chemin inverse. Il déposa son âme dans les monts d’Arrée. De l’autre côté de l’Océan, personne n’en voulait, l’Ankou qui avait passé le relais au nouvel Ankou devait laisser sa carriole impeccable. Depuis, l’âme de jan erre en peine dans la lande. Il marche en boitant maintenant, et s’aide pour s’éclairer d’une lanterne. Jan n’était pas bon de son vivant, il ne le sera pas dans sa mort. Il trucidera quelques passants égarés qu’il croisera sur sa route depuis tout ce temps. Cela fera du travail en plus à l’Ankou, mais cela donnera au diable plein de mauvais clients. Car Jan est maintenant contagieux, et transmet tout son mauvais penchant à toux ceux qui passeront entre ces mains. Jan a perdu son âme, et ne retrouve pas son argent. Celui qui le trouvera et le dépensera à sa place prendra également la sienne dans le seau du diable. Dans la lande bretonne marche Jan suivit de l’Ankou. Quelle paire font-ils tous deux. La faucheuse peut se reposer, Jan est là, et pour longtemps.

L’église de Poullaouen.

C’est une magnifique église de style gothique. Un panneau devant indique qu’elle date du XVII siècle.

Poullaouen se trouve au Nord Ouest de Carhaix-Plouguer à environ 10 km. C’est une commune connue depuis l’antiquité. Dés l’âge du bronze, on y exploitait la mine de plomb et d’argent.

Sur la façade de l’église, à droite et à gauche de l’entrée se trouvent quatre têtes sculptées sur lesquelles devaient reposer à l’origine des figurines. Seules les deux têtes à droite de l’entrée supportent encore aujourd’hui des statues.

Ces quatre têtes me font penser à des baphomets ou à des effigies thraces. Dans les hypogées thraces, dissimulés par des tertres, des têtes sculptées en haut des murs semblaient porter le plafond. De même, on retrouve ce genre d’architecture dans des palais ayant appartenus à des templiers. L’église catholique trouvait ce style hérétique, et y voyait l’adoration de divinités païennes pour ne pas dire satanique.

Les deux statues qui reposent à droite de l’entrée, pourraient faire penser à première vue à l’image de la vierge. Mais en les regardant mieux, on voit qu’il s’agit d’autre chose. Celle de droite pourrait faire penser à une femme en train de prier. Elle tient ses deux mains ostensiblement devant elle. Elle porte un voile sur la tête qui retombe sur les épaules. Elle a une robe qui tombe sur ses mollets. Elle est bien proportionnée. Celle de gauche est plus trapue, plus ramassée. Elle croise ses deux bras sur le torse, comme une personnalité qui assisterait à l’exécution d’un coupable sans broncher, et même avec une certaine satisfaction. Elle a le menton fièrement relevé, les yeux fermés. Un voile lui recouvre la tête, et se noue sur sa nuque. Elle a une longue robe simple, voire ordinaire, comme en portait les femmes aux champs. Elle se tient debout sur un étrange animal féroce. La statue est usée, et on ne distingue pas la race de la bête. Cet animal semble dévorer un homme prisonnier entre ses pattes. On voit un de ses bras monter le long du flan de l’animal. Cette statue est étrange en elle, et sort des cahiers du catéchisme.

Je trouve curieux qu’au XVII siècle, époque ou le dogme catholique est bien établi et structuré, que l’on trouve sur le parvis des églises ce genre de statue. En haut de l’église, on peut y voir également ces étranges roues. Tout a un sens. Si la croix est le symbole chrétien, en revanche, la roue est celui de Taranis, dieu celte.

Je pensais que les bâtisseurs de cathédrales et d’églises, respectaient scrupuleusement les codes architecturaux liés aux cultes chrétiens. On pouvait y trouver toutes sortes de gargouilles aussi terrifiantes les unes que les autres, des saints, des scènes de la bible. Là, à l’évidence, cette scène n’est pas tirée de la bible.

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